Rose ▬ Tatiana de Rosnay

rose

Paris sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d’Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d’expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu’au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet : sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l’empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé…

 

☆☆

 

 

••• First impressions

Je n’entendais parler que de bien de ce roman. J’avais très envie de le lire, d’autant plus qu’il s’agissait d’un roman épistolaire.

J’ai profité d’un Book Club sur Livraddict pour me le procurer et participer pour la première fois à ce rendez-vous littéraire…

 

 

••• Ce que j’en pense

▬   L’histoire se passe à la fin du 19ème siècle, dans un Paris en pleine mutation où les travaux d’Haussman défigurent la ville avant de la reconstruire…

Dans un des quartiers encore intacte,  Rose Bazelet écrit à son défunt mari, lui apprenant que leur maison sera rasée au profit d’un immense boulevard, le Boulevard Saint-Germain.

Depuis quinze ans, je vous supporte. J’ai supporté vos travaux, votre avidité, votre entêtement! J’ai supporté la poussière, l’inconfort, les torrents de boue, les débris, les destructions et l’avènement d’un Paris clinquant et de mauvais gout qui incarne parfaitement la vulgarité de vos ambitions.  J’ai supporté la mutilation des jardins du Luxembourg. Aujourd’hui, j’en ai assez.

Ce roman épistolaire particulier nous fait voyager dans un Paris qui accueillait l’exposition universelle. On y rencontre des calèches, un empereur, des crinolines et tout ce qui faisait le charme de cet époque.

▬ Le fil conducteur du récit s’articule autour de 2 grands axes. Le premier étant la bataille de Rose pour garder sa maison. Un second fil, un peu plus fin, nous dirige vers un secret de famille bien gardé. Un secret que Rose aura caché à son mari toute sa vie.

Peu à peu on entrevoit le plan de Rose pour “sauver” sa maison et cela ne laisse rien présager de bon. Le grand secret de notre héroïne est, lui, dévoilé bien plus tard dans le roman. Et j’ai bien aimé que les 2 sujets soient abordés en parallèle. J’ai supposé plein de trucs, je m’imaginais plusieurs fins, plusieurs lourd secrets mais au final j’ai été abasourdie par l’histoire de Rose.

Surprise, émue, je ne qualifierais pas ce roman de coup de cœur car pas mal de choses a freiné ma lecture. Mais je garderais longtemps l’histoire de Rose en tête.

▬ Notre héroïne, Rose Bazelet, est un personnage vraiment à part. Cette vieille dame qui s’accroche à sa maison d’une telle force… Au début, je ne trouvais rien d’extraordinaire à cette femme. Elle nous racontait sa vie un peu banale.

J’étais bien plus admirative de son mari Armand ou bien de sa belle-mère… Mais au fil des pages, j’ai découvert Rose aux travers des lettres de ses amis, des jolis mots d’amour de son mari, mais aussi grâce à ce qu’elle déclare à Armand. Et plus les pages défilaient et plus je m’attachait à cette femme forte qui cache tellement de blessures.

On rencontre plusieurs personnages vraiment intriguant, haut en couleur, ou détestable. Les voisins de Rose, ses domestiques, un vagabond ou bien Alexandrine, la fleuriste qui loue la boutique de Rose. Cette fleuriste est l’un des personnages qui m’a le plus touché.

▬  J’avais l’intention de découvrir, ou plutôt de redécouvrir Tatiana de Rosnay avec “Elle s’appelait Sarah” mais c’est Rose qui a atterrit dans mes mains en premier. Et je dois dire que j’ai été touchée par l’histoire qu’elle nous raconte mais aussi par tout ce travail de recherche concernant ce Paris d’avant guerres.

Choisir le style épistolaire pour cette histoire était un choix magnifique. La correspondance de Rose avec son défunt mari est toute la force de ce roman.
Il n’aurait, pour moi, pas eu la même saveur et ne m’aurait pas touché, s’il avait été écrit d’une autre manière. Une narration simple aurait surement minimisé toute l’importance de ces lettres, toute la souffrance et l’amour qui s’en dégage mais aussi le côté déclaration, délivrance.

Rose parle à Armand au travers de ses lettres et cet "échange" n’aurait pas été possible autrement. C’est juste touchant et très intimiste aussi. Et cela rajoute à l’attente du secret que Rose garde précieusement et qu’elle révèle à Armand dans les derniers instants.

Au début, je dois admettre que certaines lettres, m’ont un peu perturbée. Sans indication de temps ni repère, je ne savais pas trop comment me situer par rapport à l’histoire. Quand la première "lettre-souvenir" arrive avec une date. Je n’ai pas du tout essayer de chercher la logique, de suivre une chronologie et de la placer dans le temps. Ces souvenirs arrivent naturellement, sans liens précis. Elle pioche dans ses souvenirs alors qu’elle est au beau milieu d’une "conversation" avec son époux.

▬ Mais malgré cette correspondance émouvante et intimiste, j’ai trouvé que le roman était parfois longuet. Certains passages, un peu trop descriptif, m’ont légèrement assommé. J’ai également eu du mal avec toutes ces promenades au travers des rues de Paris.

Je ne connais pas très bien Paris, j’ai du y aller 2, 3 fois dans ma vie et cela remonte à au moins 10 ans ^^ Et mis à part les grands monuments et fameuses places de la Capitale, je ne suis pas très calée. J’ai déjà du mal avec ma propre ville alors imaginer avec Paris ^^ Enfin bref, c’est un des aspects du livre qui m’a le moins plu.

 

 

••• Conclusion

Bien que l’histoire soit bouleversante, je me suis parfois perdue dans les rues de Paris et dans certaines descriptions.

Si vous n’avez pas lu ce livre, je vous le conseille mais n’abandonner pas ce livre au bout de 50 pages, car malgré un style épistolaire particulier, l’histoire devient de plus en plus passionnante, émouvante.

 

Voici un extrait qui se trouve à la page 62 et qui pourrait vous mettre l’eau à la bouche:

Mais je n’ai, hélas, pas que des souvenirs heureux et sereins de cette maison. Certains sont simplement trop pénibles à évoquer maintenant. Oui je manque encore de courage, Armand. Il ne me revient que peu à peu, soyez patient.

 

 

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